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QUELQUES JALONS ....  

S.A.R. Le Duc de Brahant : 1933 - Albert Camus : 1945 - Manifeste de Morges avril 1961 - Manifeste d'Arusha : septembre 1961 - Manifeste de Nairobi : septembre 1963 - Conférence intergouvernementale de septembre 1968 - Conférence européenne de février 1970 - Congres international de novembre 1970 - Message de Menton - Congres international : octobre 1973 - Ecopara : décembre 1976 - Pétition : 1979 - Stratégie mondiale : mars 1980 - Biocultura : 1985 - Congres international : août 1987 - Le jour de la terre : avril 1990 - Déclaration de Quito : juillet 1990 - Convention de Bamako : janvier 1991 - Déclaration de Kari-Oca


 
S.A.R. le Duc de Brabant
Discours à l'African Society, Londres, 1933.
S'il est un sujet qui revêt un caractère de grandeur dépassant les horizons humains, cíest certes celui de la protection des biens éternels dont nous sommes les détenteurs passagers et responsables. A-t-on le droit de modifier à son gré líétat naturel des choses, sans se préoccuper des conséquences, que la connaissance des phénomènes permet díentrevoir.

 
Albert CAMUS (1913-1960) Combat, 8 août 1945.
Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique.
Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.
En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles, que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d'aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d'idéalisme impénitent, ne songera à s'en étonner.
Ces découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu'elles sont, annoncées au monde pour que l'homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d'une littérature pittoresque ou humoristique, c'est ce qui n'est pas supportable.
Déjà on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu'une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d'être définitive. On offre sans doute à l'humanité sa dernière chance. Et ce peut être après tout le prétexte d'une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence (Ö)
(Texte republié in Albert CAMUS, Actuelles. Chroniques 1944-1948, Paris, Gallimard 1959, pp. 81-84.) (Cf. aussi Albert CAMUS, Essais, Paris, Gallimard, ìLa Pléiadeî 1965, pp. 291-293.) Retour haut de page
 
 
MANIFESTE DE MORGES : avril 1961
Actuellement un grand nombre de créatures, belles et innocentes, perdent leur vie ou leur habitat dans le monde entier, par suite d'une destruction insensée et inutile. Au nom de l'expansion de notre civilisation, les animaux sont tués ou piégés sur des terrains appelés à être cultivés, noyés par les nouveaux barrages, emposonnés par des produits toxiques ou abattues par des braconniers, à moins qu'ils ne soient victimes des soulèvements politiques.
Au cours de la décennie commencée en 1960, notre activité destructrice insensée battra tous les records en ce qui concerne l'éradication de la faune terrestre.
Sans doute, des sentiments de culpabilité et de honte naîtront ensuite. Ils hanteront l'esprit de nos enfants, privés du riche héritage naturel par notre ignorance, notre rapine et notre folie. Bien que la onzième heure ait sonné, il n'est pas encore trop tard pour reconsidérer la situation.
Des hommes qualifiés et dévoués, ainsi que d'admirables organisations, luttent pour sauver la faune mondiale menacée. Les hommes sont capables de réussir et ils réussiront, mais ils manquent tragiquement d'assistance et de ressources. En ce moment, ils se battent sur de nombreux fronts et contre de nombreuses menaces qui changent d'aspect chaque jour en s'amplifiant sans cesse. Ce dont ils ont le plus grand besoin, c'est de l'argent qui leur permettra de mener à chef des missions de sauvegarde. Les fonds sont nécessaires pour faire face aux multiples exigences de la conservation, par exemple pour l'acquisition de terres où la précieuse et irremplaçable faune se trouve en péril. L'argent est nécessaire pour rémunérer les gardes des nombreuses réserves naturelles et des Parcs nationaux. L'éducation requiert des fonds importants, tout comme la propagande active parmi les populations qui n'ont pas encore compris le sens et la portée de la conservation de la nature. Enfin l'argent est indispensable pour financer les déplacements des spécialistes vers les zones de danger, pour former et perfectionner les assistants et le personnel des sanctuaires naturels en Afrique et ailleurs.
La situation exceptionnellement tragique appelle une solution urgente, une action vigoureuse et efficiente entreprise avec l'ampleur nécessaire. Le succès ne dépendra pas uniquement des efforts dévoués des enthousiastes de la nature, mais sera acquis en obtenant le respect, le concours et l'appui de nombreux autres intérêts qui ne devront pas être négligés ou méprisés.
Le propre respect de l'humanité et son irremplaçable patrimoine naturel ne sauraient être conservés par des moyens réduits ou par trop étroits !
UICN, avril 1961. Retour haut de page
 
MANIFESTE D'ARUSHA : septembre 1961
La sauvegarde de notre faune sauvage est une question qui nous préoccupe tous très vivement en Afrique. Ces créatures sauvages dans le milieu sauvage qui les abrite ne sont pas seulement importantes en tant que source d'émerveillement et d'inspiration mais font partie intégrante de nos ressources naturelles, de nos moyens de subsistance et de notre bien-être futurs.
En acceptant la responsabilité de gérer notre faune sauvage, nous déclarons solennellement que nous feront tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer aux petits-enfants de nos enfants la jouissance de ce riche et précieux patrimoine.
La conservation de la faune et des espaces sauvages exige les connaissances des spécialistes, un personnel expérimenté et des fonds, et nous nous tournons vers les autres nations afin qu'elles coopèrent à cette tâche importante, dont le succès ou l'échec n'affectera pas seulement le continent africain mais le monde entier.
  J. K. Nyerere (Premier ministre de Tanzanie)
  A. S. Fundikira (ministre des Affaires légales)
  T. S. Tewa (ministre des Terres et des Inventaires) Retour haut de page
 
 
MANIFESTE DE NAIROBI : 18 septembre 1963
Les ressources naturelles de ce pays ? sa faune sauvage qui offre tant d'attraits pour les visiteurs de partout, les sites magnifiques où vivent ces animaux, les forêts profondes qui protègent les aires de captage des eaux, si vitales pour la survivance de l'homme et des animaux, sont un héritage inestimable pour l'avenir.
 Le gouvernement du Kenya, pleinement conscient de la valeur de ses ressources naturelles, s'engage à les conserver pour la postérité, par tous les moyens dont il dispose.
 Nous avons la conviction que les autres gouvernements de l'Afrique orientale coopéreront à cette tâche importante mais, pour le moment, nous ne pouvons, sans aide, disposer du personnel spécialisé ni des crédits nécessaires. Aussi, nous invitons les autres nations et les amis de la nature dans le monde entier à nous aider à respecter cet engagement solennel. »
 Jomo Kenyatta (Premier ministre)
 L. G. Sagini (ministre des Ressources naturelles)
 R. Achieng Oneko (ministre de l'Information, de la Radiodiffusion et du Tourisme) Retour haut de page
 
 
4 - 13 septembre 1968 : CONFERENCE INTERGOUVERNEMENTALE D'EXPERTS SUR LES BASES SCIENTIFIQUES DE L'UTILISATION RATIONNELLE ET LA CONSERVATION DES RESSOURCES DE LA BIOSPHERE.
Organisée par l'UNESCO à Paris, avec le concours de l'ONU, de la FAO, de l'OMS, de l'UICN et du Programme Biologique International. La biosphère est définie comme ìcette mince écorce à l'interface de l'atmosphère, de l'hydrosphère et de la lithosphère où la vie et ses produits se manifestentî. 238 délégués pour 62 pays membres et le Saint Siège ; 88 observateurs pour 5 organisations des Nations Unies, 18 organisations internationales et 2 fondations. Cette "conférence sur la biosphère", qui deviendra célèbre, recommande que l'Assemblée générale des Nations Unies "examine l'opportunité d'une "Déclaration universelle sur la protection et l'amélioration de l'environnement humain". Elle demande également à l'UNESCO de préparer un projet de programme international et interdisciplinaire à long terme sur l'Homme et Biosphère, le Programme MAB qui entrera dans sa phase opérationnelle en 1971. Coup d'envoi décisif des activités de l'UNESCO dans la recherche écologique, sous la direction de Michel Batisse. Retour haut de page
 
 
CONFÉRENCE EUROPÉENNE SUR LA CONSERVATION DE LA NATURE : 09 - 12 février 1970
Organisée par le Conseil de l'Europe à Strasbourg avec les États membres. Coup d'envoi de l'Année Européenne de Conservation de la Nature. À líissue de la Conférence, la Déclaration de Strasbourg sur líenvironnement naturel est adoptée :
La Conférence déclare :
 1. L'utilisation et l'aménagement rationnels de l'environnement doivent avoir une haute priorité dans la politique nationale des gouvernements et faire l'objet de dotations budgétaires adéquates. Il faut qu'une responsabilité ministérielle bien définie soit établie pour la mise en valeur et l'utilisation des terres et des autres ressources naturelles et la conservation de la nature.
 2. Il y a lieu de renforcer ou de compléter l'action menée pour combattre la pollution de l'air, de l'eau et du sol, et d'élaborer à ces fins, aussitôt que possible, des normes agréées sur le plan international.
 3. Les législations et réglementations adoptées pour sauvegarder l'environnement et sa qualité doivent être harmonisées dans la mesure nécessaire au niveau européen. »
 Après un court préambule et l'énoncé des principes de conservation de la nature, le document énumère 30 points d'action sur le plan international et national, et au niveau des pouvoirs locaux, de l'industrie et de l'action individuelle. Retour haut de page
 
 
17-18 novembre 1970 : 2e CONGRES INTERNATIONAL du WORLD WILDFIFE FUND.
A Londres, sur le thème « Toute vie sur Terre ». Plus de 600 délégués venus de 31 pays pour faire le bilan des problèmes mondiaux de l'environnement et pour appeler d'urgence à une action préventive et corrective. 14 résolutions, dont : L'espèce humaine en course vers la collision ; révision des politiques néfastes pour l'environnement ; la validation écologique des projets de développement ; la responsabilité des Eglises ; appel des femmes pour la sauvegarde des espèces animales menacées d'extinction par la mode ; etc. La médaille d'Or du WWF est décernée à MM. Jacques Verschuren (B), Bernard Grzimek (D) et à Sir Julian Huxley (GB) pour les services qu'ils ont rendu à la cause de la conservation.
Déclaration finale : STABILISER LA POPULATION
 Message du Président  adopté au 2e Congrès international du Fonds mondial pour la nature, World Wildlife Fund ìToute vie sur terreî à Londres en novembre 1970.
 Au nom de tous les participants au congrès, le président adresse ce message urgent aux chefs des gouvernements de tous les pays du monde :
 « L'accroissement annuel de la population humaine empêche actuellement un grand nombre d'habitants des pays en voie de développement d'accéder à un niveau de vie décent. Dans les pays développés, il dégrade de manière croissante la qualité de la vie.
 « Le résultat ultime sera la fin de la vie humaine, sinon celle de toute vie, sur cette terre.
 « Pour la survie de l'homme et de son environnement, nous demandons de manière pressante que votre gouvernement prenne toutes les mesures appropriées pour stabiliser votre population aussitôt que possible, par tous les moyens les plus acceptables pour votre peuple. »  Retour haut de page
 
 
MESSAGE DE MENTON  Juillet 1971 dans le Courrier de l'Unesco  :
Message signé par quelque 2.200 scientifiques (essentiellement des biologistes et des écologistes) représentant 23 pays et adressé aux « trois milliards et demi d'habitants de la planète Terre », pour les mettre en garde contre « le danger sans précédent » né de l'enchevêtrement des problèmes planétaires (diminution des ressources naturelles, surpopulation, famine, énergie nucléaire, guerre...). La réunion de Menton était organisée par le nouveau mouvement transnational pacifiste Dai Dong. Le Message de Menton a été remis à U Thant, le Secrétaire général des Nations unies, le 11 mai 1971, à New-York.
« Malgré les énormes distances qui nous séparent géographiquement et nos différences de culture, de langue, de comportements, de fidélités religieuses et politiques, nous sommes tous liés aujourd'hui par un danger collectif sans précédents dans l'histoire. Ce danger, dont la nature et l'ampleur sont inégalées par rapport à ceux auxquels l'homme a eu à faire jusqu'à aujourd'hui, est né de la convergence de plusieurs facteurs. Chacun de ceux-ci, pris isolément, serait déjà de nature à créer des problèmes insolubles ; leur ensemble représente non seulement la probabilité d'un immense accroissement de souffrance humaine dans un proche avenir, mais la possibilité même de l'extinction, ou d'extinction virtuelle de la vie sur la planète.
 « Il nous faut voir désormais la Terre, qui nous semblait immense, dans son exiguité. Nous vivons en système clos, totalement dépendants de la Terre et dépendants les uns des autres, et pour notre vie et pour la vie des générations à venir. Tout ce qui nous divise est infiniment moins important que ce qui nous lie et le péril qui nous unit. » Retour haut de page
 
5 octobre 1973 : 3e CONGRES INTERNATIONAL du WORLD WILDFIFE FUND (WWF)
A Bonn, sur le thème : « Le monde dans lequel nous vivons ». Plus de 400 participants venus du monde entier et connus pour le rôle qu'ils jouent dans la conservation de la nature. Le congrès est marqué par l'annonce de la création, au Népal, du Parc national de l'Everest.
 Le Congrès a reconnu que l'explosion démographique était la cause principale de la crise de l'environnement et a affirmé sa conviction que tous les gouvernements avaient le devoir d'envisager les mesures à prendre sur le plan mondial pour stabiliser et finalement ramener la population humaine à un niveau adapté à la capacité de charge des terres et des océans. Ces mesures devraient être prises de toute urgence, non seulement en vue d'assurer la conservation des ressources naturelles, mais également pour permettre à l'humanité de jouir d'une qualité optimale de vie.
 Le Congrès a exprimé tout particulièrement sa préoccupation face à l'augmentation rapide de la consommation des ressources naturelles et a attiré l'attention sur la crise de l'approvisionnement en énergie et en matières premières qui menace de s'abattre sur tous les pays avant la fin du siècle.
 Le Congrès a demandé aux dirigeants et à leurs conseillers, aux producteurs et aux consommateurs, de tenir compte du caractère limité des ressources de notre planète et de subordonner leurs activités aux impératifs de la conscience et de la responsabilité humaines, de telle sorte que nos ressources ne soient pas vilement gaspillées et que les principes écologiques ne restent pas lettre morte.
 Le Congrès a voué une attention toute particulière aux problèmes écologiques qui découlent du sous-développement : misère, sous-alimentation, maladie et carence des installations de première nécessité. Il a insisté sur le droit de chaque individu de déployer tout son potentiel créateur et a demandé à chacun de contribuer par ses efforts à la mise en úuvre de ce droit fondamental de l'homme. Retour haut de page
 
 
ÉCOROPA :  POUR UNE ÉCONOMIE QUI RESPECTE LA TERRE ET L'HOMME : 11-12 décembre 1976
A Paris, création de l'association ECOROPA, Action Ecologique Européenne. Participation de Denis de Rougemont (élu président), Carl Amery, Bernard Charbonneau, Manfred Siebker, Edouard Kressmann (élu secrétaire général), etc... Ce Club européen des têtes pensantes de l'écologie à comme objectif la démocratie écologique et l'Europe des régions autosuffisantes.
Déclaration díobjectifs :
Les soussignés, réunis à Paris les 11 et 12 décembre 1976,
CONSIDERENT
que l'Europe est en état d'urgence, ses ressources s'épuisent, les crises se succèdent et s'imbriquent : crise de l'énergie, crise de l'environnement, crise monétaire, crise des libertés, toutes ces crises que résume la crise écologique ;
 que les sociétés industrielles fondées sur des idéologies dépassées issues du XIXe siècle ont admis comme objectif dominant la production de biens matériels, ce qui implique inévitablement de graves déséquilibres, notamment :
ó la croissance simultanée du chômage et de l'inflation,
ó l'épuisement des ressources et la destruction du patrimoine naturel et culturel,
ó la dégradation des rapports humains, ainsi que l'accroissement des inégalités et des frustrations de tous ordres,
ó la militarisation progressive des économies dont le développement des programmes nucléaires civils et militaires est la manifestation la plus condamnable et cela au détriment des besoins essentiels du tiers-monde et au mépris des problèmes de la faim dans le monde.
ESTIMENT en conséquence qu'une seule priorité s'impose : subordonner l'économie aux impératifs biologiques, sociaux, psychologiques et spirituels de l'écologie en les situant en-deçà et au-delà de toute préoccupation politique à court terme.
APPELLENT tous les individus et associations qui partagent ce point de vue à se rassembler afin de définir ensemble et à tous les niveaux (communal, régional, européen), les bases d'une société de liberté, en équilibre avec la nature, en harmonie avec elle-même et conforme à la responsabilité que l'Europe doit assumer.
SOUTIENNENT particulièrement toutes les initiatives politiques ou autres qui s'opposent :
ó aux programmes nucléaires civils et militaires à l'Est comme à l'Ouest,
ó au maintien et à l'extension du modèle de production agricole et industriel des pays développés aussi bien chez eux que dans le tiers-monde,
ó à l'étouffement et à la dégradation des libertés fondamentales.
S'ENGAGENT à porter à la connaissance de l'opinion publique européenne toutes les initiatives qui auraient valeur exemplaire dans le sens des objectifs définis ci-dessus, et à dénoncer la persistance et l'aggravation des erreurs actuelles.
CRÉENT à cet effet un groupe d'action d'action destiné à définir, en fonction des circonstances, les voies et moyens utiles à la réalisation de ces objectifs : Action écologique européenne ? ÉCOROPA.
 
Carl AMERY (Munich), Alain BOMBARD (Paris), Jeanne BISSILIAT (Paris), Roland CARBIENER (Strasbourg), Jean CARLIER (Paris), Monique CAZEAUX (Paris), Bernard CHARBONNEAU (Béarn), Janine DELAUNAY (Toulouse), Jean-Marie DOMENACH (Paris), René DUMONT (Paris), Jean-Pierre DUPUY (Paris), Jacques ELLUL (Bordeaux), Solange FERNEX (Mulhouse), Mariette GERBER (Roussillon), Edward GOLDSMITH (Cornouailles), Alain HERVÉ (Paris), Christian HUGLO (Paris), Édouard KRESSMANN (Bordeaux), Roger KLAINE (Metz), Daniel LABEY (Paris), Roland de MILLER (Paris), Jean-Marie PELT (Metz), Armand PETITJEAN (Languedoc), Nanik de ROUGEMONT (Genève), Denis de ROUGEMONT (Genève), Michel RODES (Orthez), Philippe SAINT-MARC (Paris), Manfred SIEBKER (Bruxelles), Pierre SAMUEL (Paris), Gérard SIEGWALT (Strasbourg), Théodore MONOD (Paris), Jean ROSSEL (Neuchâtel). Retour haut de page
 
 
PÉTITION POUR LES DROITS DES GÉNÉRATIONS FUTURES :1979
Article 1
Les générations futures ont droit à une Terre indemne et non contaminée ; elles ont le droit de jouir de cette Terre qui est le support de l'histoire de l'humanité, de la culture et des liens sociaux assurant l'appartenance à la grande famille humaine de chaque génération et de chaque individu.
Article 2
Chaque génération, recevant en héritage partiel le domaine Terre, a un devoir d'administratrice vis-à-vis des générations futures ; elle doit empêcher toute atteinte irréversible à la vie sur Terre, ainsi qu'à la liberté et à la dignité de l'homme.
Article 3
Chaque génération a donc pour responsabilité essentielle, afin de préserver les droits des générations futures, de surveiller de façon atentive et constante les conséquences du progrès technique susceptibles de nuire à la vie sur Terre, aux équilibres naturels et à l'évolution de l'humanité.
Article 4
Les mesures appropriées seront prises dans tous les secteurs, y compris l'enseignement, la recherche et la législation, pour garantir ces droits et veiller à ce qu'ils ne soient pas sacrifiés à des impératifs de facilité ou de convenance immédiate.
Article 5
Les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les individus sont donc appelés à mettre en úuvre ces principes en faisant preuve d'imagination, comme s'ils se trouvaient face à ces générations futures dont nous voulons définir et défendre les droits.
Fondation  Cousteau,  Paris. Retour haut de page
 
 
STRATEGIE MONDIALE DE LA CONSERVATION : 5 mars 1980
Pour la Journée Mondiale de la Conservation, l'UICN publie la STRATEGIE MONDIALE DE LA CONSERVATION  (S.M.C. ou W.C.S. en anglais) (sous titrée : La conservation des ressources vivantes au service du développement durable), avec la coopération du PNUE, du WWF et en collaboration avec l'UNESCO et la FAO. Dans 34 villes du monde des présidents, des premiers ministres, des rois, des chefs d'État participent au lancement de la Stratégie. Ce document, fruit de deux ans de travail et reconnu comme le manifeste le plus important des années 80 dans le domaine de la conservation de la nature, redéfinit le fondement intellectuel de celle-ci. La SMC insiste sur un fait essentiel : la conservation et le développement durable ne sont pas ennemis, ils sont inséparables. 3 principes de base : les processus écologiques essentiels et les systèmes entretenant la vie doivent être maintenus ; la diversité génétique doit être préservée ; et l'utilisation durable des espèces et des écosystèmes doit être garantie. Remarquons que le terme de diversité biologique níest pas encore utilisé.
La Stratégie Mondiale de la Conservation résulte de l'effort entrepris en commun par l'UICN, le WWF, le PNUE et la communauté scientifique internationale. Dans un message adressé aux trois organisations, M. Kurt Waldheim, secrétaire général de l'ONU, se félicite de cette remarquable « conjonction de ressources internationales ». Il déclare que celle-ci ìrésulte d'un accord d'une ampleur sans précédent sur ce qui doit être fait pour la gestion avisée et l'utilisation optimale des ressources vivantes du mondeÖ »
M. Mostafa Tolba, directeur exécutif du PNUE : « La Stratégie arrive au moment du développement de l'humanité où il faut prendre des mesures universelles de conservation et de protection des ressources de la planète de manière à garantir la poursuite de leur utilisation et non leur épuisement. »
 Depuis la Conférence de Stockholm, jamais autant d'attention ne s'était portée sur les thèmes de l'environnement et du développement.  Retour haut de page
 
 
BIOCULTURA 1985
Cíest une croisade, un fait spirituel quíune association, des personnes vibrant díun dessein énorme, se dédie à recouvrer la qualité. Cíest ainsi que Vida Sana est en train díaccomplir une profonde action culturelle, nécessaire, peut-être la plus nécessaire en ce moment.
Savoir nous alimenter, protéger la nature, obtenant díelle ce quíelle peut nous donner, à partir de procédés soigneusement choisis et étudiés.
Cette exposition ne peut se comprendre ni comme une activité commerciale, ni comme une présentation de produits commerciaux. C'est une exposition culturelle.
Paroles du professeur Tierno GALVAN, maire de Madrid, lors de l'inauguration du 1er Salon Biocultura. Retour haut de page
 
 
17-21 août 1987 : CONGRES INTERNATIONAL SUR L'ÉDUCATION ET LA FORMATION RELATIVES A L'ENVIRONNEMENT
Organisé à Moscou par l'UNESCO et le PNUE pour dresser un bilan des actions entreprises depuis la Conférence de Tbilissi en 1977 et compléter, pour les années 1990, le Programme International d'Éducation à l'Environnement (PIEE) UNESCO / PNUE. 300 participants et observateurs de 80 pays.
 La Stratégie pour l'éducation et la formation relatives à l'environnement pour les années 1990 adoptée par le Congrès est alors en cours de préparation. Elle sera imprimée et largement distribuée. On espère alors qu'elle serve de principal schéma directeur aux gouvernements et aux organisations locales et internationales dans l'orientation de leurs politiques et actions en matière d'éducation et de formation environnementales.
 Pendant le Congrès de Moscou, bon nombre de participants prévoyaient déjà une rencontre internationale analogue en 1997, pour passer en revue les progrès accomplis au cours de cette décennie 1987-1997 et pour élaborer un plan d'action en Éducation et Formation relatives à l'Environnement pour la première décennie du XXIe siècle. C'est dans cet esprit que M. A. CHIBA, de l'Unesco, a présenté son poème écrit sur la mode haïku dans un discours prononcé lors de la séance de clôture du Congrès de Moscou :
 
Quand nous nous reverrons en 1997
 Puisse le ciel être aussi clair,
 Puissent la Lune, la Galaxie, la Grande Ourse, La Croix-du-Sud
 Être aussi magnifiques que dans nos rêves d'enfant,
 Quand le monde était un mythe merveilleux.
 Quand nous nous reverrons en 1997 :
 Puisse la terre être aussi propre,
 Puissent les forêts, les montagnes, les plaines, les déserts
 Être aussi verts que dans les rêves des poètes antiques,
 L'univers ayant retrouvé sa maternelle nature.
 Quand nous nous reverrons en 1997 :
 Puisse l'eau être aussi pure,
 Puissent les océans, les lacs, les fleuves, la pluie
 Être aussi frais que l'eau où une sirène aurait aimé se baigner,
 Source de vie pour la terre et les hommes.
 Quand nous nous reverrons en 1997 :
 Puissent nos rêves s'être réalisés,
 Puissent les hommes, les gouvernements, l'ONU, les ONG, les éducateurs
 Être aussi unis et aussi engagés que nous le sommes à Moscou,
 Ensemençant la terre de notre message. Retour haut de page
 
 
22 AVRIL 1990 : LE JOUR DE LA TERRE
20 ans après le 1er Jour de la Terre aux Etats Unis, l'opération est renouvelée au niveau mondial. Dans 140 pays, sensibilisation de plusieurs milliards de citoyens aux problèmes de l'environnement, mobilisation de quelques 200 millions de citoyens en des dizaines de milliers d'actions. Foires écologiques et célébrations, engagements des dirigeants politiques et industriels, plantations d'arbres, nettoyages de rivières et de parcs, conférences, manifestations de protestation, manifestations pour la jeunesse, événements sportifs, concours d'art et concerts de musique, informations sur l'action individuelle. Le Jour de la Terre 1990 prouve que quand les citoyens perçoivent l'ampleur de la crise globale ils se joignent avec enthousiasme à une action pour un meilleur environnement. En France, 50 millions de Français sensibilisés, 1450 articles dans près de 250 journaux, des centaines d'heures de programmes radio et télévision, diffusion à 300.000 exemplaires du livret « 50 trucs simples pour vous dépolluer », 600 actions de groupe recensées dans les médias régionaux, dont seulement 300 étaient prévues, participation de 400 communes dans 88 départements y compris les DOM TOM, 395 actions de sensibilisation, 130 nettoyages et plantations, 55 manifestations de protestation.
La graine pour la décennie de l'environnement est semée dans 140 pays.
Le premier objectif du Jour de la Terre était la prise de conscience individuelle indispensable pour lancer les actions et prendre les engagements spécifiques à chaque pays pour la préservation de notre patrimoine vital. Partout, avec des ressources et des délais limités, les espérances de sensibilisation et de mobilisation ont été dépassées. Dans 140 pays, selon le mot d'ordre ìPenser globalement, agir localementî, l'accent a été mis sur les priorités nationales, sur le geste quotidien et sur l'incitation à trouver des solutions efficaces. Le Jour de la Terre 90 est la première mobilisation internationale et simultanée des consciences de cette dimension. Ce succès phénoménal de l'événement est un hommage à la créativité et aux efforts de tous et ses répercussions sont inestimables.
 En France, comme dans la plupart des autres pays, la sensibilisation et la mobilisation sur le terrain sont, dans ce domaine, sans précédents à ce jour. Les organisateurs aveient choisi de multiplier les actions pratiques. Les media régionaux confirment que, malgré la météo, les vacances et la « réticence française aux mots d'ordre », non seulement les 300 actions prévues ont eu lieu, mais 300 autres actions de groupes et des milliers de gestes anonymes se sont déroulés spontanément. La plupart des participants ne faisaient pas partie des mouvements écologistes et dans de nombreuses petites communes, un habitant sur deux a participé. À l'occasion de ce déferlement de conscience populaire, de nouveaux comportements sont apparus, des engagements politiques et industriels ont été pris et se multiplient avec enfin une réelle volonté de traiter les questions d'environnement à leur juste valeur. Retour haut de page
 
 
DÉCLARATION DE QUITO : 17-21 juillet 1990 : Rencontre continentale indigène « 500 ans de résistance indienne » à Quito (Équateur)
NOUS, représentants de 120 nations indiennes, organisations internationales et fraternelles, DÉCLARONS au monde entier et réaffirmons que :
 1. Nous refusons catégoriquement la célébration du 500e anniversaire et nous nous engageons fermement à convertir cette date en une occasion de renforcer notre processus d'unité et de lutte continentale vers notre libération.
 2. Nous ratifions notre irévocable projet politique d'autodétermination et conquête de notre autonomie, dans le cadre de chaque nation, à travers un nouvel ordre populaire, tout en respectant la dénomination par laquelle chaque peuple détermine ses luttes et ses projets.
 3. Nous affirmons notre décision de défendre nos culture, éducation et religion en tant que bases fondamentales de notre identité de peuple, en récupérant et conservant nos propres formes de vie spirituelle et cohabitation communautaire, dans une étroite relation avec notre mère la nature.
 6. Nous, peuples indiens, considérons vitale la protection et conservation des ressources naturelles, agressées actuellement par les transnationales. Nous sommes convaincus que cette protection sera réelle si les peuples indiens administrent et contrôlent les territoires où ils habitent, selon des principes d'organisation qui leur sont propres et avec une forme de vie communautaire. Retour haut de page
 
 
LA CONVENTION DE BAMAKO : 30 janvier 1991 
Adoption par l'OUA de la Convention de Bamako sur l'interdiction d'importer en Afrique des déchets dangereux et sur le contrôle des mouvements transfrontaliers et la gestion des déchets dangereux produits en Afrique.
La Convention de Bamako, adoptée à l'unanimité, est une réponse à la Convention de Bâle sur les importations et les exportations de déchets, jugée inadéquate par les Africains. C'est le premier texte international à prévoir des « méthodes de production propres », c'est-à-dire « les méthodes de production et les procédés industriels qui évitent ou éliminent la production de déchets ou de produits dangereux », abordant ainsi le problème des déchets à la source.
 Chaque partie de la Convention de Bamako s'efforce en outre « d'adopter des mesures de précaution qui comportent, entre autres, l'interdiction d'évacuer dans l'environnement des substances qui pourraient présenter des risques pour la santé de l'homme et pour l'environnement, sans attendre d'avoir la preuve scientifique de ces risques. (Ö) Les parties coopèrent (pour) la mise en úuvre du principe de la précaution pour faire face à la prévention de la pollution au moyen de méthodes de production propres, plutôt qu'en observant des limites d'émissions autorisées en fonction d'hypothèses relatives à la capacité d'assimilation. »
 Ces grands principes représentent un tournant majeurs. La production propre remplace « la meilleure technologie possible » qui ne permet rien d'autre que le transfert d'une pollution d'un environnement à un autre et qui ne prend pas en compte le cycle total d'un produit, de sa conception à son élimination en passant par sa consommation. Quant à l'action de précaution, elle permet de renverser la charge de la preuve : ce n'est plus aux écologistes de prouver qu'il y a pollution, mais aux pollueurs de prouver que leurs opérations ne nuisent pas à l'environnement. Retour haut de page
 
 
DÉCLARATION DE KARI-OCA : 31 mai 1992 : CONFERENCE MONDIALE DES PEUPLES INDIGENES SUR LE TERRITOIRE, L'ENVIRONNEMENT ET LE DEVELOPPEMENT
Organisée au parc de Kari-Oca (Jacarepaguá, Rio de Janeiro) par la Coordination des organisations indigènes du bassin amazonien (COICA), quelques jours avant la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement (CNUED, Rio, 3-14 juin 1992).
 « Nous, peuples indigènes, avançons en direction du futur sur les chemins de nos ancêtres. Du plus grand au plus petit être vivant, des quatre directions, de l'air, de l'eau, de la terre et des montagnes, le créateur nous a placés, peuples indigènes, sur notre terre, qui est notre mère. Les traces de nos ancêtres sont définitivement gravées dans les terres de nos peuples. Nous, peuples indiens, maintiendrons nos droits inhérents à l'autodétermination : toujours, nous aurons le droit de décider de nos propres formes de gouvernement, d'utiliser nos propres lois, de créer et d'éduquer nos enfants, de préserver notre propre identité culturelle sans interférences. Nous persistons à exiger nos droits inaliénables sur nos terres et territoires, sur toutes nos ressources du sol et du sous-sol, et sur nos eaux. Nous affirmons notre responsabilité de transmettre tous ces droits aux générations futures. Nous ne pouvons pas être délogés de nos terres. Nous, peuples indigènes, sommes soumis par le cercle de la vie à nos terres et à notre environnement. Nous, peuples indigènes, avançons en direction du futur sur les chemins de nos ancêtres. »
Rio de Janeiro, le 31 mai 1992.  Retour haut de page